The Non Required


Le futur des pauvres
January 3, 2008, 10:51 am
Filed under: etc., Provoc

Quand on regarde ce qui se passe au Kenya, on ne peut qu’être reservé, voire sceptique, sur le possible-brillant-futur des pays pauvres. A peine se met-on sur le chemin de la démocratie, du dialogue, de l’ouverture que l’on retombe immanquablement dans les disputes, le désordre, le tribalisme, les massacres.

Le terme “on” que j’emploie est inclusif car qu’importe que l’on vive en Europe ou en Afrique ou que l’on soit Sénégalais, Schgeume ou Anglais, nous sommes tous concernés. Pour les uns, la raison est immédiate, ce qui se passe mal dans un pays africain rejaillit inévitablement sur les autres pays d’Afrique. Pour les autres, c’est moins évident mais ce n’en est pas moins vrai, on peut toujours parler de tiers-monde mais celui dans lequel nous devons tous survivre est bien unique.

Une telle vision du présent ne peut que nous inciter à nous interroger sur notre futur… A ce sujet, il y a une quinzaine de jours, nous discutions avec des amis sur nos positions respectives quant à la reproduction. En gros, la question était de savoir si chacun d’entre nous souhaitait ou non avoir des enfants. Le résultat est que la moitié d’entre nous estime qu’il n’est pas nécessaire de perpétuer la race humaine au travers de nos efforts.

Quand on choisit de faire quelque chose autant le faire bien. Le fait est qu’on ne peut éviter la comparaison et certains sont littéralement excellents dans ce domaine car ils s’y mettent avec acharnement – ou avec passion, cela dépend de la manière de voir… ou de faire. Au Niger, ils arrivent à avoir 8 enfant par femme, en Uganda ils produisent 7 enfants par femme! Nous ne pouvons pas lutter face à ces recordmen et recordwomen qui sont et resteront encore longtemps premiers. Et tant qu’à être dernier autant bien faire les choses, non?

Si on regarde les statistiques de mortalité infantile en Afrique on ne peut qu’être effaré. Si on regarde ensuite, les magazines européens qui relatent la vie des petits africains qui ont survécu à leur naissance on se rend compte que soit ils deviennent soit rachitiques, soit blessés par la guerre comme avec l’Arche de Zoé, soit des enfants soldats. Le sage Bruel avait raison: “Qui a le droit? Qui a le droit? Qui a le droit de faire ça à un enfant…?” Et ceux d’entre nous qui choisissent de ne pas avoir de rejetons peuvent avoir et pourront toujours avoir la conscience tranquille.

Je pense aussi que la majeure partie d’entre vous pensent que les études sont utiles. Je pense que si vous êtes d’accord avec cette hypothèse et que si vous avez des enfants vous souhaiteriez leur offrir ce qu’il y a de mieux – notamment dans ce domaine. Il n’y a pas de consensus établi sur le sujet mais on entend souvent parler de Harvard, Oxford, ou Polytechnique – nous prendrons donc ces références comme base de discussion. Qui pourra payer de telles études à ses enfants dans ces institutions entre 2020 et 2050 en vivant en Afrique tout en étant honnête? Personne.

En fait, le choix est simple: soit on reste honnête et on offre pas grand chose à ses enfants, soit on doit tomber dans les malversations financières diverses et variées. Pour certains d’entre nous le choix est fait: (1) restons honnêtes, n’ayons pas d’enfant et vivons convenablement ou (2) devenons des malhonnêtes, ayons plus d’argent et ne le dépensons pas pour nos enfants mais pour nous…

A suivre…


7 Comments so far
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Au Moyen-Age, l’occident s’est retrouvé à la croisée des civilisations. La science s’est révolutionnée , l’humanisme a éblouit les sociétés et l’homme a évolué.
J’aime à croire que l’Afrique se trouve à ce stade là et que nous sommes tous acteurs du future de notre continent. Nous avons TOUT en main et il ne tient qu’à nous de changer le cours des choses.
As for Kenya, le pays n’a jamais prétendu être 1er de la classe en Démocratie et malgré tout a su lutter contre ses vieux démons. Il y a des gens extraordinaires dans ce pays comme dans le nôtre, j’aime à croire qu’on fasse tous parti de la même famille!

Bonne Année

Comment by jogany

Objection Votre Honneur ! “Harvard, Oxford, ou Polytechnique” hoeeee ? ary aiza ny Star Academy sy ny Pazzapa leitia e

Comment by Rajiosy

Rajiosy. Star Academy et Pazzapa arrivent juste après, aujourd’hui, évidemment… Mais en 2020-2050…

Comment by thenonrequired

Jogany. Analyse intéressante et comme je l’ai promis… A suivre…

Comment by thenonrequired

[…] ce dernier paragraphe, le prix à payer pour sortir du Moyen Age (comme l’a si bien dit Jogany) devient personnel. Si vous souhaitez vraiment qu’un pays comme Schguemland sorte du Moyen […]

Pingback by Le futur des pauvres (3): le prix à payer. « The Non Required

J’essaie de suivre la logique de la discussion et je commence donc par le premier post de la série. Je tiens tout d’abord à dire que les posts et les discussions ici sont forts passionnants et je prends du plaisir à y participer même si j’ai quand même l’impression de prendre le train qui est déjà en marche depuis longtemps (mi-japy train ah zany é lol)

Donc premier sujet et quelques objections sur certains de tes propos tnr🙂

1/ Parmi les propositions que j’entends souvent sur “pourquoi on ne veut pas faire d’enfants” revient souvent cette motivation que tu évoques: le fait qu’on vit dans un monde de plus en plus fou et de plus en plus pauvre et que ce serait de la pure folie que de vouloir engendrer une vie pour être dedans. Je ne suis tout simplement pas d’accord peut-être parce que je suis d’une nature assez optimiste et que je n’accepte pas le déterminisme (et parce que j’adore les enfants: réaction de pure aussi ceci dit lol). La vie est un perpétuel combat et ce n’est pas parce que certains ont “la chance” (tout est relatif) de vivre dans un pays supposément riche et développé qu’il y a moins de suicides dans ces pays là. La richesse (matérielle) n’est pas à mon avis la seule clé qui conduit au bien-être, elle y contribue mais ne résoud pas tous les problèmes. Alors pourquoi se refuser au bonheur de voir naître son propre enfant, de le voir grandir et de le préparer à la dureté du monde? A l’éternelle question: “Etre ou ne pas être?” je réponds volontiers par “Etre” puisque j’aurai rater beaucoup de choses sinon et qu’au moins il y a de l’action par rapport à l’inaction. Bien sûr, la question de la limitation des naissances est primordiale dans les pays en voie de développement et d’ailleurs je suis POUR le renforcement du planning familial. C’est bien beau d’avoir beaucoup d’enfants mais je pense que le rythme de vie actuel ne le permet plus. Les aléas de la guerre ou de la famine font partie des risques de la vie, et j’ai toujours tendance à dire que ce ne sont pas uniquement dans les pays pauvres que les enfants sont maltraités. Il n’appartient qu’à nous de donner du changement à ce monde :-))

2/ Concernant la question de l’Education, je dirai que c’est essentiel. Mais en bien bonne sortante de l’Université de Tanaschgeume (huhu, je m’adapte aux termes) qui m’a beaucoup apporté, je ne suis pas d’accord avec tes réferences de l’excellence. Moi je pense qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais écoles ou universités, ca dépend surtout de la volonté de chacun d’apprendre. Pour avoir travaillé dans des amphis délabrés et souvent même sans lumières, je peux te dire que ça peut en décourager plus d’un. Et je n’ai pas senti autant de décalages que ça par rapport à mes acquis et cexu de l’an-dafy. Je m’avancerai même à dire que les étudiants qui sortent de la fac de Tanaschgeume (les autres écoles je sais pas probablement) qui ont la possibilité d’investir directement dans la vie active sont l’avenir du pays. Je suis totalement POUR le renforcement de l’éducation à Schgeumland: c’est même l’une des clés je pense pour qu’on puisse s’en sortir. Alphabétisation, Education de base, Education supérieure. Et que l’Education soit renouvellée, ré-adaptée aux besoins du pays. Y a t-il d’autres écoles pour enseigner l’agriculture que la fac d’Agro? Y a t-il des écoles qui enseignent l’importance de l’industrie pour que nos usines ne soient pas laissés à l’abandon à peine construits car manque de compétences? Y a plusieurs domaines comme ça qui méritent d’être développées et comme j’ai dit: privilégier ce qui nous est d’abord nécessaire.

Comme tu dis la lutte continue et “elle est longue” …

Comment by trinitty

Trinitty.

1- Merci pour le compliment.

2 – Sur la question d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, je n’ai pas bien compris. Faut-il avoir des enfants et ensuite changer le monde ou plutot changer le monde et ensuite avoir des enfants?🙂 Merci de ne pas répondre “pourquoi ne pas faire les 2 simultanéement” sinon ce serait vouloir le beurre et l’argent du beurre sans qu’il n’y ait d’argent au départ.🙂

3a – Il n’y a peut être pas de bonne ou de mauvaises universités mais ce n’est pas l’avis des recruteurs – et si on ne tombe pas d’accord avec les recruteurs on a pas de job.🙂

3b – Plus sérieusement, je pense qu’un étudiant sérieux avec à sa disposition Internet et une bibliothèque bien fournie peut apprendre plus et plus vite qu’un étudiant sérieux sans ces outils. A Schgeumland, l’étudiant se trouve plutot dans le second cas.

3c – Concernant la capacité des etudiants de l’université de Tanaschgueme à s’investir directement dans la vie économique du pays – c’est relatif. Meme sans formation on peut s’investir. La vraie question est de savoir si on peut s’investir dans tous les domaines nécessaires pour le pays.

Je te donne un exemple très précis. Aujourd’hui, certains projets de développement sont financés au travers d’émission d’obligations sur des places financières. Ces bons sont garantis par des agences de développement et adossés à des swaps. L’argent récolté est ensuite investi et une partie du retour sur investissment remis aux particuliers qui ont achetés les obligations.

Ce mécanisme est donc totalement adapté et nécessaire pour un pays comme schgeumland notamment au XXIeme siecle. Mais peut-on étudier les mécanismes d’emissions obligataires, le fonctionnement des swaps, la règlementation des marchés financiers internationaux et les problèmes de valorisation de projets dans les pays en voie de développement à Schguemland? Non.

Tout cela pour dire quoi? La volonté des étudiants compte, les moyens pédagogiques a disposition comptent, le contenu des enseignements compte et le niveau d’implication potentiellement possible au coeur d’une economie a partir des etudes compte. On ne peut se limiter à une seule de ces dimensions pour juger de la qualité d’une éducation – surtout au XXIeme siecle.

Comment by thenonrequired




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