The Non Required


Acceptons l’imperfection

Je l’ai déjà écrit dans un de mes posts précédents: le mieux est l’ennemi du bien. Avec les évènements de ce début d’année, j’ai l’impression que nous devons plus que jamais nous contenter du “bien”. Je parle ici des évènements politiques au Kenya et au Pakistan ainsi que leur mise en perspective par rapport à la situation schgeume.

Certains auront compris d’emblée où je souhaite en venir et pourrons me qualifier de pessimiste ou de non-idéaliste. J’imagine que l’avènement de la nouvelle année arrive avec une dose de réalisme en ce qui me concerne – je ne pars pas en me promettant lunes, étoiles et planètes mais plutot en me disant qu’il serait déjà bon de consolider le peu acquis et merveilleux d’avancer un peu dans la moins mauvaise direction.

Commençons par le Kenya. Kibaki avait réussi à améliorer tangiblement le niveau de vie de ses compatriotes. Pour ceux qui ont connu le Kenya des années 90 et qui voient aujourd’hui ce pays, le changement est flagrant. La bourse de Nairobi (oui il y a une vraie bourse…) est prise d’assaut par les plus grandes banques d’affaires du monde et récemment (il y a moins d’un mois) France Télécom rachetait 51% des parts de Kenya Telekom – la société publique de téléphone – pour 400 millions d’euros. Les donneurs ont eux aussi fait confiance au Kenya. Tout le monde a mis beaucoup d’argent au Kenya (mais pas à Schgeumland): par exemple le portefeuille d’investissement de l’AfD dans le secteur électricité au Kenya est de 80 millions d’euros. Pour vous donner un ordre d’idée cela représente 8 fois plus qu’à Schgeumland qui est poutant une ancienne colonie française et où les besoins d’investissement en électricité sont estimés à 2 fois ceux du Kenya. Il y a moins d’un mois, le Kenya était porté aux nues aujourd’hui ce pays est en enfer…

Poursuivons avec le Pakistan. Partout sur le Net on lit la désolation des hommes politiques et des grands de ce monde concernant la mort de Bénazir Bhutto. Je tiens ici à rappeler quelques unes des indignations les plus connues où méconnues au sujet de cet assasinat.

“It is with great sadness, the Council of Women World Leaders lost one of its Members. The assassination of Benazir Bhutto was a great loss for the people of Pakistan. We send our condolences to her family and supporters at this time.

~ President Mary Robinson, Ireland (1990-1997) and Chair of the Council Women World Leaders

“My condolences to Benazir’s family. This is truly a sad day for Pakistan. She was a champion of democracy and her willingness to assert that principle cost her her life. With the deepest sorrow and regret,”

~ Dame Pamela Gordon, Premier, Bermuda, 1997-1998 and Council of Women World Leaders Member

“In a region of such global importance, Benazir’s was a rare woman’s voice speaking out for democracy and against violence. Much of her life was spent working for these values. I am saddened by this loss and send condolences to her family and to the people of Pakistan. I hope that democracy will prevail there and that the country will remain on track for a return to democratic civilian rule.”

~ Vice President Margot Wallström, European Commission (2004-present) and Chair, CWWL Ministerial Initiative

“The United States strongly condemns this cowardly act by murderous extremists who are trying to undermine Pakistan’s democracy”
~ President George W. Bush, United States of America, President

    Ce qui me choque le plus dans l’assassinat de Bhutto ce n’est pas le niveau de barbarie mais

    1. le manque d’empressement de l’Etat pakistanais à faire la lumière sur le problème – malgé la détermnation exprimée par Perez, la scène du meurtre fut nettoyée à grande eaux par les pompiers deux heures après l’explosion sans que les policiers aient pu mener leur enquête et il n’y a pas eu d’autopsie;
    2. le fait que Bénazir fasse nommer par testament ses proches à la tête de son parti – pour une femme qui croyait en la démocracie et qui croyait en le libre choix d’un peuple concernant ses dirigeants, c’est pas mal;
    3. le fait que les partisans du PPP nomment son fils comme président du parti et son mari comme vice-président suite à la lecture de son testament politique;
    4. le fait qu’aucun journaliste et aucun homme politique ne s’offusque de cette hérésie;
    5. les récentes révélations sur Asif Ali Zardari.

    concernant le point 5, je reproduis intégralement l’excellent article de Pauline Garaude du Point.

    Portait: Asif Ali Zardari, le mari de Benazir Bhutto

    L’homme est roué, élégant et ne manque pas de présence. Asif Ali Zardari est ce que l’on appelle une figure pakistanaise. Né en 1956, il est l’héritier d’une grande famille de propriétaires terriens de la province du Sind (sud du Pakistan). Après des études dans un lycée militaire, il épouse Benazir Bhutto en 1987 dans le cadre d’un mariage arrangé comme c’est souvent le cas entre grandes familles chiites pakistanaises.

    C’est à cette occasion qu’il découvre la politique. Il construit sa carrière dans le sillage de son épouse à qui il donnera trois enfants : Bilawal (1988), Bakhtawar (1990) et Aseefa (1993).

    Le charisme d’Asif Ali Zardari aurait pu lui donner une chance de voler de ses propres ailes politiques, mais il préférérera jouer la carte de la prudence. Et rester dans l’ombre de sa femme Benazir.

    Zardari est vu comme l’origine de tous les ennuis politiques de Benazir, qui fut deux fois démise de ses fonctions de Premier ministre pour corruption et mauvaise gestion.

    En 1990, il est emprisonné une première fois, poursuivi pour une série de crimes allant de l’assassinat à la fraude bancaire. Il sera libéré en 1993 et acquitté au moment où Benazir redevient Premier Ministre.

    Ministre des Investissements dans le second gouvernement de sa femme, il est surnommé “Monsieur 10%”. On le soupçonnait de se servir de confortables commissions sur chaque contrat et de dépenser l’argent public pour ses besoins personnels ou ses chevaux… Il est emprisonné une deuxième fois en 1996 pour corruption.

    On tente, également de l’impliquer dans l’attaque qui coûta la vie à Murtaza, le frère de Benazir Bhutto. Il sera libéré sous caution en novembre 2004 et quittera le pays pour New York. Peu de temps après, on apprendra que des pressions ont été exercées contre le juge qui l’a libéré.

    Conséquence de ses 11 années passées en prison, Asif Ali Zardari souffre de diabète et de troubles cardiaques.

    Ce n’est que récemment que l’homme a reconnu être en possession d’une propriété d’une vingtaine de pièces et de 147 hectares dans le Surrey (Grande-Bretagne) et estimé à plus de 6 millions d’euros. Ce qu’il avait toujours nié. Or, le pouvoir pakistanais en place a toujours affirmé que l’achat d’une telle propriété était le fruit des pots-de-vin touchés tandis qu’il était au pouvoir.

    Une instruction menée en Suisse par les autorités de lutte contre le blanchiment de l’argent sale ont, par ailleurs, gelé plus de 13,7 millions de dollars sur différents comptes appartenant à Asif Ali Zardani.

    Dans son testament, Benazir Bhutto désignait son mari comme son successeur à la tête du Parti de Peuple Pakistanais (PPP). Prudent, il a préféré laisser la place à son fils Bilawal. De fait, il est désormais le co-président du parti qu’il devrait diriger jusqu’à ce que son fils termine ses études.

    Finalement, on est pas si mal lotis à Schgeumland alors apprenons à apprécier – avec réalisme – ce que nous avons car la moyenne mondiale en matière de politique [NDLR: autrement dit la normalité politique] ne vole pas plus haut ce que nous connaissons. Finalement, on est plutôt bien en ce début d’année… Espérons que nous saurons – au moins – préserver cela.


    6 Comments so far
    Leave a comment

    entièrement d’accord ! méfions-nous comme de la peste de la table rase. préparons des solutions de continuïté entre équipes différentes.

    ceci étant dit, les résultats d’élection à 50-50 sont toujours délicats à gérer surtout si l’un des 50 est déjà au pouvoir. 50-50 : c’est une situation que Mada a vécu avec Ratsiraka-Zafy en 1996. heureusement qu’il y avait une tierce personne – Ratsirahonana – au pouvoir pour arbitrer à l’époque.

    Comment by Rajiosy

    Rajiosy. Nous sommes sur la même longueur d’onde.

    Pour Schgeumland, 2 questions se posent: qui sera le prochain opposant/adversaire crédible et constructif du regime actuel et qui sera le futur arbitre?

    Comment by thenonrequired

    je n’ai jamais fait attention à l’onglet “who is tnr ?” jusqu’à aujourd’hui. le couple de l’année 2007, c’est tnr bien évidemment !

    Comment by Rajiosy

    Rajiosy. Waow ! Ca fait un sacré début d’année 2008 pour tnr !

    Comment by tnr

    andrana : t’n r sa t&r ?

    Comment by Rajiosy

    Rajiosy. Tsara toraka saingy lavitra be.

    Comment by thenonrequired




    Leave a Reply

    Fill in your details below or click an icon to log in:

    WordPress.com Logo

    You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

    Twitter picture

    You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

    Facebook photo

    You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

    Google+ photo

    You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

    Connecting to %s



    %d bloggers like this: