The Non Required


L’ère Slim Fast
December 5, 2007, 1:03 pm
Filed under: Big deal, De quoi tu parles ?

La crise financière américaine aura probablement des effets terribles. Enfin… Tout est relatif. Disons que quelques milliardaires en Ariary (monnaie schgeume) vivant dans les grandes places financières de ce monde se retrouveront sans emploi. Le Centre for Economics & Business Research (CEBR) estime que la City supprimera près de 6500 emplois dont 2000 avant Noël. Les prévisions semblent être justifiées car le grand ménage commence déjà.

D’un point de vue personnel, je trouve que cette crise montre bien que nous avons dans l’économie globale des segments liés mais plus ou moins indépendants. Un exemple intéressant est celui du MCSI Emerging Market Index qui est (pour faire simple) un outil financier qui permet de suivre l’évolution de la santé de différents pays émergents. Son comportement ces 12 derniers mois a été plus que satisfaisant pour les investisseurs comparé, par exemple, au S&P 500.

Cependant, l’exemple le plus intéressant est celui de Carlos Slim. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet homme est aujourd’hui l’homme le plus riche du monde. Eh, oui. Bill Gates a perdu sa couronne cette année…

Carlos Slim pèse 59 milliards de dollars et, sur les douzes derniers mois, sa fortune s’est accrue d’un milliard par mois. Pour vous faire une petite idée, un milliard de dollars par mois cela représente un peu plus de 31,7 dollars de richesse de plus par seconde: qu’il dorme ou qu’il soit éveillé. Selon différents standards, 31,7 dollars peuvent représenter peu ou beaucoup de choses. A Schgeumland, cela signifie qu’à chaque seconde Carlos engrange plus que le salaire d’un ouvrier. Le temps que vous lisiez ce paragraphe, il s’est fait  probablement enrichi de 10 salaires de zone franche…

Encore plus significatif, Carlos est à la tête d’une petite équipe de magnats du tiers monde dont quasiment personne – jusqu’à présent – n’a entendu parler.

  • Suleiman Kerimov. Russe. 14,4 milliards de dollars. Député russe, au chomage, car les règles de la Douma impose que les députés se consacrent entièrement à leur fonction de représentant du peuple. En attedant, la fortune de Suleiman a doublé depuis 2006 grâce à… Gazprom et Sherbank.

  • Les frères Ambani. Indiens. A deux, ils pèsent 38,3 millirads de dollars. Ils ont longtemps géré ensemble leur petit comglomérat jusqu’à leur dispute. Leur maman est alors intervenue pour diviser l’empire en 2. Mukesh a eu droit au pétrole, au gaz et à la pétrochimie. Ali quant à lui a reçu les télécoms, l’électricité et les banques. Ils se sont chacun enrichis de 10 milliards de dollars l’année dernière et Ali (le moins riche des deux) a plus que doublé sa fortune pour atteindre 18,2 milliards de dollars.

  • Naguib Sawiris. Egyptien. 10 milliards de dollars. A la tête d’une société de Télécom, Orascom, il a racheté une société italienne et gagné le jackpot: un enrichissement net de 7,4 milliards de dollars pour Sawiris. Evidemment, il continue a investir et il est en train de mettre en place le 1er monopole sur les mobiles en Iraq.

Finalement, on se rend compte que les riches du sud sont nombreux et qu’ils investissent de plus en plus au Nord – et ils en profitent. D’une manière plus intéressante, on se rend aussi compte que le Sud peut être source d’immenses richesses entrepreneuriales. Nous le savions tous mais ces 10 dernières années nous en ont apporté la preuve flagrante: Mittal, Celtel, etc. Pour tous ceux qui rêvent de faire fortune dans le Sud donc il n’y a pas que la nouvelle économie du Nord qui mène au nirvana dollar !

Pour en revenir a Carlos. Il détient aujourd’hui une part majoritaire dans plus de 220 entreprises mexicaines et son joyau s’appelle Telmex. Il pèse ainsi 6,6% du produit intérieur brut mexicain. En comparaison, Gates pèse à peine 0,2% du PIB américain et Rockefeller – dans ses plus belles années – pesait moins de 2%. A titre de comparaison, pour “égaler” l’influence de Carlos, Gates devrait acquérir AT&T, MCI, Quest, Sprint, Verizon, Philip Morris, Sears, Best Buy, TGIFriday’s, Dunkin’Donuts, Mariott, Citibank et Jet Blue et peser 909 milliards de dollars.

Là où je veux en venir, c’est que influence économique/politique attire l’argent – particulièrement dans les pays du Sud. Plus vous avez d’argent, plus vous avez d’influence politique, plus vous pouvez gagner de l’argent. De nombreuses fortunes du Sud se sont constituées sur la base des privatisations [NDLR: pfff…encore…] des années 80 et 90. Slim a bénéficié de la privatisation de Telmex. Mittal a profité de la privatisation des société d’acier de l’ex-empire communiste. Roman Abramovich et Mikhail Fridman ont construit leur pécule sur la privatisation des sociétés de gaz et de pétrole de l’ex-URSS. En bref, cet argent ne semble pas totalement “clean” dans la mesure où la richesse de ces magnats semble puiser sa source plus dans leur connections politiques que leurs réelles capacités de gestionnaires.

Mais n’est ce pas le cas partout?


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