The Non Required


Carbone captif
November 1, 2007, 9:14 am
Filed under: C'est triste, De quoi tu parles ?

Lorsque j’étais au lycée, on m’a enseigné ce qu’était la photosynthèse. Au cours de leur croissance, les arbres captent du CO2; ils relachent l’oxygène dans l’atmosphère et gardent le carbone captif afin de constituer leur matière. Donc, a priori, la reforestation aide à réduire les quantités de CO2 dommagéables à l’environnement.

Une tonne de bois absorbe 1,6 tonne de CO2, restitue 1,16 tonne de O2 et fixe 0,44 tonne de carbone. Sur la base de cette analyse, dans le jargon de l’économie durable, la reforestation crée un “puit de carbone”. Autrement dit, le carbone n’est pas détruit mais séquestré et stocké dans le puit.

Deux conceptions cependant se sont longtemps affrontées sur les mesures à prendre pour diminuer ou limiter la quantité de carbone présente dans notre atmosphère. Certains pays plaidaient pour une diminution totale des rejets de CO2 avec des sanctions financières à l’encontre des pays dépassant leur quotas. D’autres voulaient des règlementations plus souples via l’instauration de permis d’émission et la prise en compte des puits de carbone.

Ces derniers souhaitent notamment que le financement des reforestations de pays en voie de développement donne des droits à des crédits d’émission de carbone. Les premiers rejettaient cette solution transitoire car les forêts finissent par rejeter le carbone qu’elle ont capté et ces rejets ne sont pas pris en compte.

Plus précisément, l’un des arguments utilisés pour rejeter les puits de carbone était que le stockage du CO2 peut même augmenter les émissions de CO2 car cette activité consommera inévitablement de l’énergie (qui produira du CO2). Cependant, la quantité de CO2 nécessaire à cette activité sera moindre que celle emprisonnée, diminuant le bilan CO2 du cycle (le temps de son piégeage). La quantité de CO2 dans le cycle sera également augmentée.

Un second argument indiquait que les puits de carbone permettent de gagner du temps, de capturer le CO2 pendant dix voire cinquante ans ou cent ans mais qu’ils ne permettent pas d’éviter la diminution des rejets de CO2. En gros, le problème d’utiliser les puits de carbone revient à pomper l’eau dans un bateau qui sombre alors qu’il faut colmater la brêche, i.e. reduire les émissions.

Enfin le troisième argument était que même si les puits de carbone sont trop importants pour être totalement ignorés, mais ils sont, malheureusement, trop transitoires et incertains pour être facilement pris en compte.

Au bout du compte, la reforestation peut aujourd’hui permettre aux pays pauvres de recevoir des fonds carbone, seulement la tonne de CO2 séquestrée vaut moins que la tonne de CO2 non émise.

Est ce une bonne chose? Oui, car cela permet aux pays pauvres d’avoir un peu plus d’argent. Oui, car quand le bateau sombre il faut pomper l’eau. Non, car nous sommes encore trop loin de prendre les bonnes mesures pour les futures générations. Non, car nous ne tentons pas sincèrement de colmater la brêche.

Et en plus de tout cela, brûler les forêts sauve des vies…


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