The Non Required


Le libre arbitre n’existe pas 2. Le pédophile.
July 10, 2007, 6:02 am
Filed under: De quoi tu parles ?

Nous nous étions arrêtés à la fin de l’Episode 1 sur la dérangeante idée que la personnalité de tout un chacun n’est que l’expression de la forme physique de son cerveau et qu’en fait la notion de choix, ou celle de décision, n’est qu’une triviale utopie.

Certains d’entre vous ont peut être tenté d’expliquer le changement de personnalité de Phineas Gage par le choc émotionnel. La « mauvaise humeur » serait une conséquence bien compréhensible après un tel accident. L’ancienne illusion du soi serait donc sauve : nous faisons des choix mais l’humeur peut parfois masquer notre réelle personnalité ! Certes. Mais une telle explication signifierait également que la barre de fer n’a fait que détruire des zones inutiles du cerveau de Gage. Le lien de causalité entre les lésions cérébrales et le changement de personnalité serait donc nul et non avenu. Honnêtement, je pense que cela est peu probable. Si vous doutez de mon raisonnement, il vous suffit d’essayer de vous enfoncer un gros pieu dans le crâne à coup de marteau pour voir le résultat. Je plaisante, évidemment !

Je suppose actuellement que vous n’êtes pas en train de commettre l’erreur que je vous suggérais plus tôt mais que vous continuez à me lire avec intérêt en vous demandant : « mais où est le pédophile ? ». Et bien le voici.

A la fin des années 90, un individu auparavant irréprochable commença à faire une collection de pornographie infantile et à faire des avances à des enfants. Il fut arrêté et condamné à faire de la prison. La veille de l’exécution de sa sentence quelqu’un eu l’idée de lui scanner le cerveau. On y découvrit une tumeur. Une fois retirée, les tendances pédophiles disparurent. Quand la tumeur réapparut et grossit, les tendances pédophiles réapparurent également. On retira à nouveau la tumeur et les tendances déviantes disparurent du même coup. Au vu de ces faits, cher lecteur, qui doit-on condamner ?

Une observation rationnelle indique que de tels « changements » organiques absolvent le souffrant de sa responsabilité car la pédophilie était congénitale. Ce cas est clairement plus dérangeant que celui de Phineas Gage et n’en est pas moins réel. Quand on sait que nous disposons de la preuve scientifique que des sentiments aussi communs que l’énervement, la tristesse ou la violence ne sont que le résultat d’une concentration élevée de certaines molécules dans le cerveau, la question de la responsabilité de nos « mauvaises » actions devient discutable. En bref, le cas du pédophile pose avec encore plus d’acuité la question de l’existence du libre arbitre et de la responsabilité de nos actes.

A partir de cette énigme biologique ainsi que du problème de la responsabilité individuelle, nous nous devons d’aller encore plus loin. Si nous devons accepter la fin de la responsabilité individuelle, la paix sociale ne peut qu’être en danger. En effet, si tous les criminels n’étaient plus reconnus responsables de leurs actes en vertu de cette découverte scientifique irréfutable que deviendrait notre société ? Que deviendrait la question fondamentale de la responsabilité des parents envers leurs enfants, ou celles de tout un chacun vis-à-vis de son environnement ?

Sur ces questions dont les réponses vous sont aussi évidentes qu’à moi, cher lecteur, je vous dis à bientôt et ne ratez surtout pas l’épisode suivant qui vous ouvrira les portes d’un monde plus simple.


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